- 01Le Geminoid HI-6, robot humanoïde de sixième génération, intègre un grand modèle de langage pour des conversations avancées.
- 02Le Japon, pionnier des humanoïdes, voit sa domination contestée par la Chine, dont les robots dominent l’exposition du Humanoids Summit à Tokyo.
- 03Les contraintes réglementaires japonaises limitent l’adoption des robots bipèdes, tandis que les projets pilotes utilisent des robots chinois comme le G1 de Unitree.

Le Geminoid HI-6, robot humanoïde de sixième génération, a été dévoilé lors du Humanoids Summit à Tokyo, illustrant les avancées technologiques en robotique au Japon.
Ce modèle est le successeur du premier Geminoid, conçu en 2006 par Hiroshi Ishiguro, professeur à l’université d’Osaka. Le Geminoid HI-6 intègre désormais un grand modèle de langage entraîné sur les écrits et entretiens d’Ishiguro, lui conférant des capacités de conversation avancées. Il peut ainsi dialoguer avec son créateur, offrant une démonstration à la fois impressionnante et déroutante. Pourtant, lors de l’événement, le robot n’était qu’une des rares machines humanoïdes japonaises présentes, alors que les systèmes chinois dominaient largement l’exposition. Sur les 40 robots exposés, les robots chinois étaient environ trois fois plus nombreux que les japonais. Certains acteurs japonais utilisaient même des robots chinois dans leurs démonstrations, une situation qualifiée de « triste » par un ingénieur local.
Le Humanoids Summit a mis en lumière le recul du Japon dans le domaine des humanoïdes, autrefois pionnier. Les robots japonais des années 2000, bien que spectaculaires, étaient principalement des démonstrations technologiques coûteuses, rarement commercialisées pour des usages pratiques. Leur développement était davantage inspiré par la science-fiction que par des besoins concrets. Aujourd’hui, le Japon conserve une expertise en design et en savoir-faire robotique, mais doit désormais rivaliser dans un écosystème où les robots généralistes et l’IA dominent.
Les avancées chinoises, comme les robots effectuant des démonstrations acrobatiques ou des courses à pied, contrastent avec les projets japonais, souvent limités par des contraintes réglementaires. Shuichi Nagao, CTO d’Omakase Robotics, souligne que les systèmes bipèdes ne peuvent être vendus au Japon pour des raisons de sécurité et de conformité. Pourtant, des entreprises comme GMO AI & Robotics exploitent des robots chinois, comme le G1 de Unitree, pour des projets pilotes, comme le chargement de conteneurs à l’aéroport de Haneda.
Le Japon, qui a pourtant donné naissance au premier humanoïde à grande échelle, le WABOT-1 en 1973, peine à transformer cette avance historique en succès commercial. Les robots comme l’Asimo d’Honda, bien que révolutionnaires, n’ont jamais été commercialisés et ont été retirés en 2022. En parallèle, des modèles chinois comme le G1 de Unitree ou le Mini Pi de High Torque Technology, vendus respectivement 16 000 et 3 500 dollars, illustrent l’évolution du marché.
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