La revue par les pairs face à la saturation des publications scientifiques
- 01Le volume de publications scientifiques augmente de 5,6 % par an, saturant le système de révision par les pairs.
- 02Les relecteurs bénévoles peinent à suivre, certains éditeurs devant solliciter des dizaines de chercheurs pour obtenir un seul évaluateur.
- 03L’IA dans la rédaction d’articles aggrave la pression sur un processus déjà fragilisé par la surcharge.

Le système de révision par les pairs des publications scientifiques est sous tension en raison de l’augmentation du volume d’articles, qu’ils soient générés ou assistés par IA.
Le nombre de manuscrits soumis pour évaluation par des revues scientifiques s’accroît de manière exponentielle, avec une hausse annuelle de 5,6 % des publications indexées dans les bases Scopus et Web of Science. Cette saturation affecte directement les relecteurs bénévoles, souvent débordés par la charge de travail. Certains chercheurs rapportent des difficultés croissantes à trouver des évaluateurs prêts à consacrer du temps à ce processus, pourtant essentiel à la validation de la recherche. Par exemple, un éditeur de la revue Human Immunology a dû solliciter une trentaine de chercheurs pour obtenir un seul relecteur.
Le recours à l’IA dans la rédaction ou l’assistance à la rédaction d’articles accentue cette pression. Les outils d’IA peuvent accélérer la production de manuscrits, mais ils complexifient aussi la tâche des relecteurs, déjà confrontés à des volumes élevés. Un chercheur en économie de la santé a vu son article rejeté après qu’un relecteur ait mal interprété son propos, faute d’une lecture suffisamment attentive. Ce cas illustre les risques accrus de malentendus ou d’erreurs d’évaluation dans un système déjà fragilisé par la surcharge.
Les éditeurs et les comités de rédaction doivent désormais adapter leurs méthodes pour maintenir la qualité de la révision, alors que le temps moyen consacré par relecteur reste limité. Certains évoquent la nécessité de recourir à des outils automatisés pour trier les manuscrits ou assister les relecteurs, mais ces solutions soulèvent des questions sur leur fiabilité et leur acceptation par la communauté scientifique.
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