La FCC élargit sa liste noire aux robots mobiles et onduleurs solaires
- 01La FCC bloque l'importation de robots mobiles de plus de 2 kg et d'onduleurs solaires étrangers depuis le 28 juillet 2024.
- 02Les fabricants doivent prouver l'absence de risque pour la sécurité nationale ou présenter un plan de production locale aux États-Unis.
- 03La Chine dénonce une mesure protectionniste ciblant ses entreprises, tandis que les acteurs locaux pourraient en bénéficier.

La Federal Communications Commission (FCC) a ajouté les robots mobiles communicants de plus de 2 kg et les onduleurs solaires à sa liste noire des équipements étrangers, bloquant leur importation aux États-Unis à partir du 28 juillet. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large du Department of Defense (DOD) visant à réduire l’exposition des infrastructures critiques à des technologies jugées sensibles, notamment chinoises.
Les robots concernés sont définis comme des systèmes mobiles autonomes ou semi-autonomes, équipés de capteurs et de capacités de communication. Deux exceptions sont prévues : les robots de moins de 2 kg et ceux transmettant des données à moins de 200 kbit/s. Les équipements déjà certifiés avant cette date restent autorisés à la vente ou à l’utilisation. Pour les nouveaux produits, les fabricants étrangers doivent désormais démontrer, via une demande adressée au DOD et à la FCC, l’absence de risque pour la sécurité nationale. Cette procédure inclut notamment la présentation d’un plan détaillé et daté pour implanter ou étendre une production aux États-Unis.
Les onduleurs solaires, souvent produits en Chine, sont également visés en raison de leur rôle dans les infrastructures énergétiques. Leur inclusion reflète une volonté de sécuriser les chaînes d’approvisionnement critiques, bien que cette mesure puisse impacter les acteurs alliés non américains qui dépendent de composants chinois.
La justification avancée par le DOD repose sur deux arguments principaux : d’une part, la nécessité pour les États-Unis de disposer de sa propre filière industrielle pour les robots mobiles, essentiels à la fois pour l’économie et la défense ; d’autre part, le risque que ces robots, déployés dans des sites sensibles, ne deviennent des vecteurs de cybermenaces. Les sources citées par le DOD incluent des vulnérabilités documentées dans des robots produits par Unitree, une entreprise chinoise basée à Hangzhou.
La Chine a réagi vivement, dénonçant une mesure discriminatoire et protectionniste lors d’une conférence de presse du Ministère du Commerce chinois le 29 juillet. Pékin a affirmé que cette politique visait à supprimer les entreprises chinoises et qu’elle ne renforcerait pas la compétitivité américaine, tout en promettant des mesures de défense des intérêts légitimes des entreprises chinoises.
Pour les industriels étrangers, l’accès au marché américain devient conditionné à une réorganisation des chaînes de valeur, avec une pression accrue pour localiser la production aux États-Unis. Cette contrainte pourrait avantager les acteurs locaux, comme Boston Dynamics, dont le vice-président politique, Brendan Schulman, a salué cette décision sur LinkedIn. Cependant, les délais imposés (les demandes doivent être déposées avant le 1er janvier 2028) laissent peu de marge pour les nouveaux entrants sur le marché.