- 01Un robot sphérique gonflable de 1,8 m et 150 kg a été testé pour explorer les cratères lunaires inaccessibles.
- 02Sa forme et sa structure protègent contre les basculements, la poussière et les températures extrêmes.
- 03Le mouvement repose sur un pendule interne, avec seulement deux actionneurs protégés dans la coque.

Un robot sphérique gonflable de 1,8 mètre de diamètre et 150 kg, développé par des chercheurs de l’université Texas A&M, a été testé avec succès dans une carrière texane pour évaluer son potentiel d’exploration des cratères lunaires, notamment ceux du pôle sud de la Lune.
Le projet RoboBall, initié il y a cinq ans, vise à concevoir un véhicule capable de se déplacer dans des terrains lunaires inaccessibles, comme le cratère Shackleton, large de 21 km et profond de 4 km. Ces zones, plongées en permanence dans l’ombre, abritent des couches géologiques anciennes et des réserves de glace d’eau potentiellement exploitables pour de futures bases lunaires. Contrairement aux rovers classiques, la forme sphérique du RoboBall élimine le risque de basculement, un défi majeur en gravité lunaire réduite. L’équipe souligne que sa structure gonflable offre également une protection contre les roches tranchantes, la poussière et les écarts de température extrêmes, allant de +93 °C en zone ensoleillée à -240 °C dans l’ombre.
Le mouvement du RoboBall repose sur un pendule interne qui déplace son centre de gravité. En inclinant ce pendule vers l’avant, la sphère avance ; en le tournant à gauche ou à droite, elle change de direction. Cette mécanique simple, avec seulement deux actionneurs protégés à l’intérieur de la coque, limite les risques de panne liés à l’environnement lunaire. Lors des tests en carrière, le prototype a démontré sa capacité à franchir des obstacles et des pentes de 20 degrés après une mise à niveau ayant multiplié par 2,5 son couple. Les chercheurs imaginent un scénario où un rover lunaire déposerait le RoboBall au bord d’un cratère, celui-ci explorant les profondeurs avant de renvoyer des échantillons géologiques vers le rover via de petits propulseurs, sans nécessiter de câble de récupération.
Le concept du RoboBall trouve son origine dans une idée formulée en 2003 par Robert Ambrose, ancien ingénieur robotique à la NASA et actuel directeur du laboratoire à l’origine du projet. Une version réduite de 0,5 mètre, le RoboBall II, avait été finalisée en 2022, tandis que le prototype actuel, le RoboBall III, a été assemblé en 11 mois. Les essais ont révélé des défis techniques, comme des erreurs logicielles ou un système de transmission trop faible pour surmonter des bosses molles, nécessitant des ajustements avant d’atteindre les performances actuelles.
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